Articles de heleneh71
Je suis en colère, très en colère !
En septembre dernier, ma fille Inès, heureuse et fière d'avoir obtenu son bac avec mention bien en juin dernier, intégrait le BTS NDRC qu'elle souhaitait. Elle était épanouie, motivée, déterminée. Munie d'une notion travail bien acquise, elle disposait de toutes les qualités requises pour réussir.
Aujourd'hui, après six mois de cours intenses, Inès est épuisée, le moral dans les chaussettes, et surtout n'a plus foi en elle. Elle envisage même d'abandonner. Pourquoi ? Parce qu'elle doit faire face à une pression intense qui lui est imposée. La majorité des cours sont abordés à la va vite. Tu comprends tant mieux, tu ne comprends pas tant pis. C'est la loi du marche ou crève. Elle est submergée de travail personnel et ne dispose que de très peu de temps pour l'effectuer. La moyenne de la promo est de 9,2. Elle se situe au-dessus de la moyenne de classe. Nous sommes donc satisfaits de ses résultats. Mais à quel prix ! Sur 35 étudiants, 11 ont la moyenne. Beaucoup galèrent. Mais, c'est bien sûr la faute de nos enfants. Ils ne travaillent pas assez. J'aimerais savoir, si ceux qui imposent de tels rythmes à nos enfants parviendraient à obtenir de bons résultats ?
Alors, je suis en colère, très en colère. Vous me comprendrez sûrement, vous parents, qui vous battez au quotidien pour la réussite de votre enfant. Vous qui savez que le moindre progrès est un exploit, parce qu'il lui a et vous a demandé un réel investissement personnel.
Voici 14 ans que j'accompagne ma fille, que je crois en elle, que je la motive, l'encourage, la valorise afin de lui préserver son estime de soi, sa confiance en soi, dans le seul et unique but qu'elle réussisse.
Je suis triste et malheureuse pour ma fille. Je la sais pourtant capable de suivre cette formation. Est-ce sans doute possible dans mon monde de bisounours. Monde dans lequel nous trouvons des personnes bienveillantes et empathiques dont la volonté est d'aider les étudiants à cheminer vers la voie de la réussite. Monde dans lequel il n'existe pas de professeur de coordination dont l'objectif premier est de compter le nombre de déchets qu'il y aura en fin de première année. Entendez par déchéts les étudiants. Pathétique n'est-ce pas. Ne vous inquiétez pas ! Je ne mets pas tous les enseignants dans le même panier. Certains cherchent réellement à aider nos enfants et ce fut le cas pour ma fille. J'ai aussi envie de croire que tous les BTS ne s'effectuent pas dans de telles conditions.On dirait qu' étudier est devenu un combat pour tout étudiant lambda. Alors imaginez pour des enfants comme les nôtres.
Ces deniers temps, on ne cesse de nous promouvoir l'école inclusive. On se satisfait de constater de la réflexion qui est apportée sur la prise en charge des étudiants dyslexiques. C'est très bien. Mais sur le terrain, qu'en est-il vraiment ? Et bien c'est :" débrouille toi, et marche ou crève "!!
Et quand est-il aussi de nos enfants du primaire, du collège et du lycée ? Quand est-il depuis 14 ans que j'accompagne ma fille ? Ah c'est vrai, on parle de dyslexie. Et l'on doit s'en réjouir. Cela nous fait une belle jambe à nous parents qui sommes sur le terrain. Parce que vous galèrez toujours autant à faire appliquer les PAP ou PPS. Certains enfants attendent toujours des AESH. Les enseignants sont toujours aussi démunis face aux difficultés de nos enfants, et j'en passe. Alors où est l'amélioration ? Je vais vous dire que ce qu'il faut pour nos enfants. Et c'est tout simple. Nos enfants doivent pouvoir intégrer des classes aux pédagogies adaptées à leurs difficultés avec des enseignants formés. C'est cela l'école inclusive ! Tout le reste n'est que du pipeau.
Il est tellement facile de détruire nos enfants en un claquement de doigts et il est si difficile de les reconstruire. Mais vous le savez, n'est-ce pas ?
Concernant ma fille, nous allons tout entreprendre pour qu'elle continue. Mais elle est tellement déçue ! Elle n'a de cesse de me répéter qu'elle n'est pas faite pour les études supérieures car elle ne supporte ni cette pression, ni cette athmosphère négative dans laquelle elle doit évoluer. Et bien moi je lui réponds que si, elle a toutes les capacités pour réussir, mais c'est tout simplement qu'elle vit dans un monde de fous !!
Etre maman d'un enfant dys
Si nous jetons un coup d'oeil sur les sites ou forums consacrés à la dyslexie, nous remarquons que ce sont majoritairement des mamans qui s'abonnent ou interviennent. Certaines partagent même leur expérience en créant des forums, des sites, des associations. Nous pourrions presque en conclure que la dyslexie est une affaire de maman.
Alors, comment les mamans gèrent-elles la dyslexie de leur enfant ? Est-ce facile d'accompagner un enfant atteint de troubles de l'apprentissage ? De quelle façon l'appréhendent-elles ?
Avant même que le diagnostic soit établi, c'est déjà le parcours du combattant. Nous nous apercevons que quelque chose "cloche" chez notre enfant, sans réellement savoir de quoi il s'agit. Dès la maternelle, des difficultés peuvent surgir. Que dire du primaire et du collège, des séances devoirs, des mauvaises notes accumulées (tout juste si ce n'est pas nous qui les avons !!!), et des appréciations peu flatteuses des enseignants ?
Quand le diagnostic tombe, nous nous sentons soulagées d'en connaître la cause. Nous prenons vite conscience que nous n'allons pas nous amuser tous les jours. Et ce n'est rien de le dire !!!!
Dans un premier temps, nous recherchons les raisons de cette dyslexie. Sans pour autant toujours obtenir de réponse à la question d'ailleurs.
C'est ensuite un marathon qui démarre. Telles des lionnes, nous mettons tout en oeuvre pour aider notre enfant. Nous n'avons de que de très vagues notions sur la dyslexie !!!!! Alors, nous nous informons. Nous recherchons des solutions. Nous tentons d'obtenir des rendez-vous auprès des spécialistes. Nous découvrons les délais d'attente, les tarifs d' honoraires des praticiens. Et là, nous tombons des nues. Nous stressons et c'est panique à bord.
Nous culpabilisons car nous imposons des rythmes soutenus à nos enfants. Ma fille, alors âgée de 5 ans et demi en CP valsait entre les heures de cours, les heures de soutien à l'école, les devoirs et les séances de rééducation. Bref, des heures et des heures de travail infligées à une si petite fille qui n'avait plus beaucoup de temps de jouer. Jusqu'au jour où j'ai dit stop à cette cadence infernale. J' ai décidé de prendre ma fille en charge. Je ne regrette absolument pas mon choix.
Et que dire, lorsque nous récupérons nos enfants, le moral dans les chaussettes, parce qu'ils ont ramené une mauvaise note après un travail conséquent fourni à la maison, que l'enseignant que vous avez rencontré de multiples fois ne comprend toujours pas le fonctionnement de votre enfant, que le PAP ou PPS n'est pas appliqué par l'équipe éducative, que la MDPH refuse la prise en charge de votre enfant, sans oublier de gérer les moqueries des camarades. De quoi se décourager non !
Difficile aussi pour une maman de voir son enfant douter de lui, avoir une estime de soi en berne. Nous nous évertuons de lui expliquer qu'il est intelligent, qu'il fonctionne différemment, qu'il obtiendra des résultats. On lui demande de ne surtout pas en douter.
Mais, les résultats tardent. Alors, nous fatiguons, nous nous démoralisons, nous désespérons. Mais nous ne baissons jamais les bras. Notre leitmotiv ? La réussite et le bien être de notre enfant.
Nous recherchons parfois une oreille attentive pour confier nos soucis. Mais voilà, ce n'est pas aussi simple qu'on le voudrait. En effet, notre entourage n'endosse pas toujours ce rôle tel que nous le souhaitons. Il minimise les difficultés de notre enfant. Un jour ou l'autre tout va s'arranger. Nous nous efforçons alors d' expliquer que le fonctionnement de notre enfant n'est pas celui d' un enfant "ordinaire". Mais, la mine déconfite ou dubitative de notre interlocuteur nous laisse à penser qu'il ne cerne pas tous nos propos et ne peut donc comprendre ce que nous traversons. Une certaine solitude et lassitude nous envahissent. Nous nous sentons incomprises. Un ras le bol s'installe !!!!! Mais nous rebondissons toujours et sommes de nouveau à l'affût de solutions.
Alors oui, c'est certain, il n'y a pas mort d'homme. Mais tout de même, épauler un enfant dyslexique n'est pas de tout repos. Cela demande beaucoup d'énergie, un moral d'acier et un investissement personnel conséquent pour le duo mère-enfant que nous formons.
Je terminerai en délivrant un petit message de soutien et d'espoir à toutes les mamans qui liront ce billet. Vous ne savez plus savoir quoi faire. Vous vous sentez démunie face aux difficultés de votre enfant. Vous pensez ne pas arriver à franchir tous les obstacles qui se présentent à vous. Ne désespérez pas ! Sachez que des solutions se présenteront à vous. N'oubliez pas que vous connaissez mieux que quiconque votre enfant et que vous êtes à même de savoir ce qui est bon pour lui. Pensez y ! Utilisez votre intuition pour chaque décision à prendre. Soyez certaine que des résultats apparaîtront, n'en doutez pas. Dans quelques années, vous repenserez à ce long cheminement que vous aurez parcouru avec votre enfant. Et vous serez tellement fière d'avoir été une maman battante à ses côtés. C'est une maman combative qui vous le dit.
PS : Dans ce petit billet, je m'adresse aux mamans. Je suis toutefois consciente du soucis que se font les papas pour leur enfant. Tel est le cas de mon mari. Leur investissement est en fait différent du nôtre mais complémentaire. En ce qui me concerne, j'ai arrêté de travailler pour prendre ma fille en charge. J'ai pu le faire grâce à la situation professionnelle confortable de mon mari. Il a aidé sa fille dans certaines matières. Quoiqu'on en dise, la dyslexie est une affaire de famille.